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Le patrimoine agricole des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil 

Partie 1 : Les jardins

 

Il y a maintenant 125 ans, la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi était fondée afin d’enseigner aux enfants de la région. Les débuts d’une Congrégation n’est pas chose aisée et les premières sœurs travaillent d’arrachepied pour répondre aux besoins d’une communauté en expansion. Une place importante sera donnée aux jardins, élément indispensable à la survie de la communauté. Revenons sur ces endroits qui ont marqué le paysage régional.   

 

Le premier jardin

Le premier monastère de la communauté est construit en 1895, aux abords de l’Évêché de Chicoutimi.   Au début, la communauté vivra de la nourriture fournie par les parents de la Fondatrice, des vaches et des poules qui vivent sur le terrain du Séminaire. Toutefois, cela ne suffit pas à nourrir une jeune communauté. Les sœurs entreprennent donc de créer un jardin tout près du monastère. Cependant, la création de celui-ci n’est pas chose facile. Le monastère est construit au milieu d’une forêt dense de sapins, de peupliers, de bouleaux, de buttes, de pierres, de ravins et de pentes. À cela s’ajoutent également des déchets laissés par les constructeurs comme des vitres ou encore des briques. Mais cela ne décourage pas les sœurs qui, dès le printemps 1896, s’arment de pioches et de pelles et partent défricher ce terrain sauvage. Pour trouver la terre nécessaire, les sœurs creusent la cave du monastère et dispersent cette terre sur le jardin. Une fois le terrain prêt, on commence les semences. Très vite, elles ajoutent à ce premier jardin, une étable, un grenier, un poulailler et une laiterie surmontée d’une glacière, car les sœurs feront elles-mêmes la glace pendant l’hiver en arrosant la neige. Elles fabriqueront aussi leurs propres savons.

 

Le jardin du Cap-de-la-baleine

 

En 1903, Monseigneur Labrecque achète pour les sœurs une lisière de terrain un peu plus haut que le premier monastère. C’est sur ce terrain que seront fondés les immenses jardins du Cap-de-la-baleine et les bâtiments que nous pouvons encore admirer aujourd’hui. Mais pourquoi Cap-de-la-baleine? Tout simplement parce que la forme de l’avancée rocheuse qui surplombait la Saguenay avait une forme de baleine. Ainsi, au gré des besoins, ce jardin ne tarde pas à atteindre une taille remarquable, les sœurs cultivent des citrouilles, des patates, des navets, des carottes, etc. Elles installent également un bocage, un endroit relaxant et rafraichissant où les sœurs aiment aller étudier, prier, tricoter, etc. Il y a tant de travail à faire sur cette exploitation que Sœur St-Philippe-de-Néri en sera la jardinière attitrée de 1925 à 1948.

Au fil des années, la communauté compte un nombre de plus en plus important de bouches à nourrir (sœurs et étudiantes de l’École normale et de l’Institut familial) ce qui va pousser la Congrégation à acheter, à partir de 1933, plusieurs fermes : c’est bientôt la naissance de la ferme Saint-Joseph!