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Le patrimoine agricole des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil 

Partie 2 : La ferme St-Joseph

 

Reprenons où nous en étions restés. Les entrées en communauté étaient de plus en plus nombreuses, donc le nombre de bouches à nourrir devenait lui aussi plus important. Les extensions de bâtiments se faisaient au détriment des jardins. Bien que ceux-ci continuent d’être productifs, la communauté décide d’acheter, à partir de 1933, les fermes St-Joseph, Ste-Marie et St-Thomas, situés dans le rang St-Joseph. C’est à ce moment précis que le rôle d’exploitantes des Sœurs va être reconnu.

 

Achat et exploitation 

La première ferme à être achetée en 1933 est celle de l’abbé Eugène Grenon. Elle est située à dix minutes de distance de la Maison-mère. En 1935, la Congrégation achète la ferme voisine, appartenant à Diego Villeneuve, pour un total de 120 âcres de terrains. Il y a sur cette exploitation une habitation, des vaches, abeilles, chevaux et des volailles. La production de ces exploitations et des jardins sur le Cap n’offre pas de répit aux sœurs pour le temps des conserves. Quelques-unes travailleront sur la ferme, c’est le cas de Sœur St-Cyrille et Ste-Geneviève qui s’occuperont des abeilles et des poules. Avec la construction de l’École normale en 1947 et de l’Institut familial, les besoins sont grandissants. En 1954 et 1959, la communauté achète deux autres fermes dans le rang St-Joseph, la Ferme St-Marie et St-Thomas. L’ensemble de ces fermes, répandues sur 362 âcres de terrains, finira par former ce que nous appelons la Ferme St-Joseph. En 1959, la Congrégation doit nourrir 521 professes, 27 novices, 31 postulantes, 96 élèves de l’École d’application, 186 normaliennes et 90 étudiantes de l’Institut familial ! L’exploitation va bon train, on retrouve des cultures de légumes, mais aussi des vaches, des porcs, des poules, des canards, un garage pour réparer les machineries, etc. Les Sœurs prennent part aux travaux et aident le fermier du matin au soir.

 

Une deuxième vie

Cette faste période prend fin à partir de 1966. Les temps sont durs et les besoins de la communauté changent. L’École normale et l’Institut familial sont vite remplacés par les collèges et Universités, de nouvelles exigences en matière d’équipements et d’aménagement font leurs apparitions, les négociations syndicales deviennent difficiles avec les employés et les entrées en communauté se font de plus en plus rares. Après une étude de rentabilité, l’exploitation de la ferme Saint-Joseph est arrêtée. De 1961 à 2001, la Congrégation tente de limiter la perte de valeur de la ferme en mettant à disposition l’étable pour entreposer gratuitement les œuvres de charité (1986), en louant les terrains à des cultivateurs (1992), etc. Toutefois, cette situation déficitaire ne peut durer plus longtemps. La Congrégation souhaite désormais transmettre son patrimoine agricole à la collectivité et offre ainsi une nouvelle vocation à la ferme. Le 25 janvier 2002, la corporation à but non lucratif LES FERMES SOLIDAR INC. voit le jour. L’exploitation de la ferme est donc relancée dans un esprit de partage, de respect de l’environnement et d’éducation. En effet, l’exploitation devient un plateau de travail pour favoriser l’intégration à l’emploi et l’inclusion sociale des personnes en difficultés d’insertion. En 2018, une page de l’histoire de la Congrégation et de la région se tourne puisque la ferme est officiellement mise en vente.