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L’Institut familial

Partant d’une école ménagère installée au troisième étage du bâtiment de chauffage à une immense aile qui surplombe la Rue Racine, l’Institut familial est le témoignage d’un renouveau éducatif dans les années d’après-guerre, là où les Sœurs du Bon-Conseil ont fourni les efforts nécessaires pour en faire partie.

 

Débuts difficiles

C’est en 1929 que, parallèlement au prolongement de l’éducation vers les 9e, 10e et 11e années, l’enseignement ménager s’ajoute au cursus scolaire. Peu à peu, les écoles ménagères connaissent leur essor, et c’est en 1934 que le Bon-Conseil entreprend ses démarches pour en accueillir une. Les sœurs, en bonnes visionnaires, envoient deux membres de leurs rangs se faire former en science ménagère à Kamouraska et à Loretteville. S’écouleront ensuite onze ans d’entretiens et de négociations avec différents mandataires du milieu scolaire : Mgr Georges Melançon, cinquième évêque du diocèse de Chicoutimi ; Victor Doré, surintendant à l’instruction publique ; l’abbé Albert Tessier, directeur des Écoles ménagères régionales. Enfin, c’est le ministère des Munitions et de l’Approvisionnement qui mettra le frein au projet en 1942 ; en ces temps troubles, cet établissement ne participerait pas suffisamment à l’effort de guerre.

 

Une fondation acharnée

En 1945, faisant fi du refus de financement, la Congrégation installe l’École ménagère régionale au troisième étage de la Maison rouge, édifice de briques destiné principalement au chauffage. Ce sont alors seize pensionnaires qui fréquenteront les chambres, les classes et le studio aménagés dans l’éclectique bâtisse. Trois ans plus tard, ce sont cinquante élèves qui viendront peupler les locaux et les huit premiers diplômes supérieurs d’économie domestiques qui seront décernés. Après différentes appellations, l’établissement adopte son nom définitif : l’Institut familial. Brièvement, il fournit une formation destinée aux institutrices et aux jeunes filles qui s’outillent pour l’enseignement ménager comme pour la vie contemporaine.

 

L’agrandissement de 1956

Vers les années 1952-1953, on commence à préparer la construction d’une nouvelle aile attenante à l’agrandissement de l’École normale, car  les étudiantes sont nombreuses et les locaux, exigus. Déjà, en 1956, l’Institut est déménagé dans l’immense pavillon érigé au-dessus de la Rue Racine. À l’intérieur se côtoient un dortoir rose pouvant accueillir jusqu’à 80-90 pensionnaires, une salle à manger, un petit foyer permettant à la future maman de vivre les expériences de la puériculture en prenant soin d’un nouveau-né bien en chair pendant toute une semaine. S’ajoutent à cela une cuisine de démonstration qui se prolongeait dans de petites unités de cuisine bien outillées pour la pratique individualisée, de grandes et petites salles de classe qui allaient servir pour les cours théoriques, une vaste salle familiale à la disposition des rencontres de groupes, des conférences et des grandes réceptions, de même qu’un immense auditorium. C’est l’épanouissement de cette belle école. Elle accueillera 100 pensionnaires en 1960 et marquera la mémoire de la région, jusqu’à sa fermeture en 1968, emportée par le raz-de-marée de changements de la Révolution Tranquille et du rapport Parent.